“Excellent état”. “Très bon état”. “État correct”. Les grandes plateformes d’occasion classent les montres avec deux ou trois mots. Le client achète sur cette appréciation globale, sans savoir si “excellent” veut dire un cadran impeccable et un bracelet rayé, ou l’inverse. Nous trouvons ce système trop pauvre. Voici comment nous procédons à la place.
Sept zones, quatre niveaux
Chaque pièce que nous mettons en vente est observée à la binoculaire et notée sur sept zones distinctes :
- Lunette
- Cadran (incluant index et logos)
- Aiguilles
- Boîte et cornes
- Couronne et poussoirs
- Bracelet
- Mouvement
Pour chacune, nous attribuons un niveau parmi quatre :
- Neuf : état d’origine, aucune trace d’usage visible
- Microrayures : micro-marques de port normal, perceptibles sous loupe seulement
- Rayé : rayures visibles à l’œil, sans atteinte structurelle
- Usé : usure marquée, érosion d’angles, oxydation ou choc
Ces niveaux ne sont pas des notes de qualité. Ce sont des descriptions. Une pièce rayée n’est pas “moins bonne” qu’une pièce neuve. Elle a vécu, et l’acheteur doit savoir précisément ce qu’il achète.
Pourquoi sept zones et pas une
Une montre n’est pas un objet uniforme. Une lunette en céramique ne s’use pas comme une lunette en acier. Un cadran sous verre saphir ne marque pas comme un bracelet en contact permanent avec le poignet. Le mouvement, lui, peut être impeccable sur une pièce dont la boîte est très usée, et inversement.
Réduire tout cela à un mot, c’est masquer l’information. Le client qui paie 25 000 francs pour une montre vintage a le droit de savoir que la lunette est neuve, le cadran rayé et la boîte usée. Pas de connaître seulement “l’état général”.
Le cas du polissage
Le polissage des boîtes est l’un des sujets les plus tendus du marché de l’occasion. Une boîte trop polie perd ses arêtes, ses méplats, son identité. Sur le marché vintage, un excès de polissage peut diviser la valeur d’une pièce par deux ou trois.
C’est pour cette raison que nous ne polissons jamais sans le documenter. Si une pièce arrive avec une boîte rayée et que le polissage est requis, nous le notons explicitement dans le dossier. Si la pièce a déjà été polie chez un précédent service, nous le mentionnons. Le bracelet, lui, est traité avec encore plus de réserve : satinage léger uniquement, jamais d’enlèvement de matière.
La signature de l’horloger
Chaque relevé de zone est signé par l’horloger en charge, celui qui a tenu la pièce, qui a vu le défaut, qui peut en répondre. Pas un opérateur de saisie. Pas un commercial. L’horloger lui-même.
C’est un détail qui change tout. Quand un acheteur se présente à l’atelier pour récupérer sa pièce, il rencontre la personne qui a écrit ce qu’il a lu sur le site. La traçabilité n’est pas juste un argument. C’est une responsabilité personnelle.
“Excellent condition”. “Very good condition”. “Decent condition”. Major pre-owned platforms grade watches with two or three words. The client buys based on this global assessment, without knowing whether “excellent” means an impeccable dial and a scratched bracelet, or the opposite. We find this system too poor. Here is how we proceed instead.
Seven zones, four levels
Every piece we put on sale is observed under binocular and rated across seven distinct zones:
- Bezel
- Dial (including indices and logos)
- Hands
- Case and lugs
- Crown and pushers
- Bracelet
- Movement
For each, we assign one of four levels:
- Unworn: original condition, no visible trace of use
- Micro-marks: micro-marks from normal wear, perceptible only under loupe
- Marked: visible scratches, no structural impact
- Worn: marked wear, edge erosion, oxidation or impact
These levels are not quality grades. They are descriptions. A marked piece is not “worse” than an unworn one. It has lived, and the buyer must know precisely what they are buying.
Why seven zones and not one
A watch is not a uniform object. A ceramic bezel does not wear like a steel bezel. A dial under sapphire crystal does not mark like a bracelet in permanent contact with the wrist. The movement itself can be impeccable on a piece whose case is heavily worn, and the reverse.
Reducing all of this to one word means hiding information. A client paying 25,000 francs for a vintage watch has a right to know that the bezel is unworn, the dial marked and the case worn. Not just to know “general condition”.
The polishing question
Case polishing is one of the most sensitive subjects in the pre-owned market. An over-polished case loses its edges, its facets, its identity. In the vintage market, excessive polishing can halve or third a piece’s value.
This is why we never polish without documenting it. If a piece arrives with a scratched case and polishing is required, we note it explicitly in the dossier. If the piece has already been polished at a previous service, we mention it. The bracelet is treated with even more reserve: light satin finish only, never material removal.
The watchmaker’s signature
Every zone reading is signed by the watchmaker in charge, the one who held the piece, who saw the defect, who can answer for it. Not a data entry operator. Not a salesperson. The watchmaker themselves.
It is a detail that changes everything. When a buyer comes to the workshop to collect their piece, they meet the person who wrote what they read on the site. Traceability is not just an argument. It is a personal responsibility.